CHAPITRE I - Le TRIANGLE SACRÉ de la GÉOMÉTRIE SACRÉE
Le sphinx de Gizeh ne date pas de l'époque où les Égyptiens édifièrent leurs pyramides. L'érosion comme sa face en témoignent.
 Art-Renaissance, géométrie et composition dans l'Histoire de l'Art   Le Sphinx de Gizeh

art renaissance   Ce colosse d'Égypte (72m de long sur 20m de haut) monte la garde au pied des pyramides. Pour autant, sa datation est l'objet de controverses passionnées. Accompagne-t-il les augustes monuments qui le surplombent ou les a-t-il précédés ?

1 •    Méthodologie


art renaissance   Il nous faut séparer les faits avérés de toutes les opinions. Les preuves et les thèses ne doivent pas mélanger leurs propos dans un seul et même élan, car en effet, si une thèse doit comprendre tous les faits établis pour être recevable, les faits ne supportent pas forcément n'importe quelle thèse. En particulier celles qui prolongent des faits par des arguments de l'ordre du fantastique. La Nature a horreur du vide, mais pas la Science.

art renaissance   Un certain nombre de spécialistes ont rassemblé des éléments d'observation, des études assez complètes pour être probantes sur le Sphinx de Gizeh. Ce monument ne s'accorde pas avec les thèses officielles qui maintiennent sa datation à l'époque des pyramides. En revanche, les conclusions d'un certain nombre d'auteurs se réclamant principalement de Schwaller de Lubicz (1887-1961) et son livre de référence « Le Temple de l'Homme », confondent en un geste ce qu'il y a lieu de séparer en deux aspects distincts. Les faits d'une part, et la résolution des problèmes qu'ils nous posent d'autre part. Par leur volonté d'opposer la Magie à la Science, beaucoup d'ésotéristes ont fini par pervertir les arguments de la Science - qu'ils avaient pourtant initiés. Au final, des thèses officielles parfaitement bancales tiennent toujours au-près de de la communauté archéologique. Ce résultat pitoyable doit nous servir de leçon dans toutes les approches de l'Histoire, à commencer par celle-ci !

2 •    Les faits


art renaissance   Il est intéressant de constater que les noms de ceux qui établissent des faits scientifiques se confondent très partiellement avec ceux qui construisent des thèses "exotiques" à partir de ces dits-faits. Les propositions de la Science se doivent d'être prudentes.
• Liste de Scientifiques ayant étudié le Sphinx et la pyramide de Khéops
art renaissance   Khéops 1986 - Équipe française d'architectes, financée par EDF et la CPGF
- Gilles Dormion, architecte, (il reviendra en 2000 avec Jean-Yves Verd'hurt)
- Jean-Patrice Goidin, architecte

art renaissance   Khéops - Sphinx 1987 - Équipe japonaise dirigée par le Pr Sakuji Yoshimura

• Sphinx 1990 - Équipe de quatre scientifiques
- Thomas L. Dobecki, géophysicien (indépendant)
- Robert Schoch, géologue, de l'Université de Boston

art renaissance   Sphinx - À l'invitation de John West
- Lieutenant Franck Domingo, police de New-York
Spécialiste en médecine légale et anthropologie
• Liste des faits majeurs, scientifiquement attestés, à propos du Sphinx
art renaissance   Rapport de Robert Schoch - Octobre 1992
(Convention annuelle de la Geological Society of America)

L'érosion du Sphinx est causé par des pluies diluviennes qui remontent à la fin des glaciations« L’érosion du Sphinx, comparée à celle des tombes de l’Ancien Empire, qui se trouvent à 200 mètres, signifie qu’il a des milliers d’années de plus que les tombes et donc que les pyramides . Les traces d’érosion sont dues à la pluie et non au vent ... Les lignes verticales montrent l'érosion due à l'eau de pluie s'écoulant sur le dos du Sphinx ».

Précision :
Aucune grande pluie ne s'est produite dans cette région depuis la construction des pyramides. Il faut remonter au réchauffement du climat qui provoqua le Néolithique. Les climatologues situent la dernière période de grandes précipitations au Sahara entre -12 000 et -3 400 av. J-C.


art renaissance   Les conclusions du Lieutenant Franck Domingo

L'angle du visage du Sphinx ne correspond pas aux autres représentations de KéphrenLe visage du Sphinx ne peut pas être la représentation de celui de Képhren si l'on prend en compte la maîtrise des architectes et artistes égyptiens de cette époque (à fortiori sur d'autres représentations du même Pharaon). Les sculpteurs savaient rendre la réalité (y compris la dissymétrie des visages) avec une précision qui ne rend pas concevable les écarts du visage du Sphinx avec d'autres modèles de Képhren.

Les proportions des divers éléments de la face, et surtout l'angle depuis la pointe du menton jusqu'au coin des yeux (32° au lieu de 14° par rapport à la verticale) montrent de trop grandes disparités avec ces autres représentations.


Précision :
Le type physique de ce visage est negro-africain, ce qui ne surprend pas les chercheurs qui établissent les nombreuses similitudes entre les cultures de l'Égypte Antique et les Cultures Africaines Tribales, anciennes et contemporaines. Sémantiques, artistiques, ethnologiques et ethniques. (—•> Voir à ce propos l'origine noire de la civilisation égypto-nubienne)


art renaissance   Les chambres souterraines du Sphinx

Les différentes mesures, effectuées avec la technologie la plus sophistiqués, par différentes équipes scientifiques (notamment celles de Gilles Dormion et Sakuji Yoshimura) indiquent la présence de structures construites sous l'édifice du Sphinx. Pour l'instant, ces alertes scientifiques n'ont déclenché aucune fouille.

Précision :
Sans doute ces éléments seraient-ils précieux pour comprendre le rôle et la situation du Sphinx dans l'Égypte Antique. En revanche, il est prématuré de relier ces structures, si elles se révèlent physiquement, à la construction du Sphinx lui-même.

3 •    Les égarements exotiques


art renaissance   Il m'est difficile d'aborder ce chapitre sans un sourire amusé, à la pensée que les secrets de l'Égypte lui viendraient des Atlantes, voire de quelque civilisation extra-terrestre (!). Pourquoi pas directement du Paradis ? Les Anges s'y ennuient parfois... Il faudrait enquêter sur ces terrains pour une part engloutis, pour l'autre inaccessibles...

art renaissance  Résoudre un mystère par un autre est certes une solution économiquement brillante. Que l'on plaide le bénéfice du doute, voilant d'un rideau de fumée hollywoodien une totale ignorance, et la démarche devient commercialement parfaite. Car ce petit commerce ne se résume pas à celui des idées : elles ont des retombées collatérales en termes d'édition, de cinéma, de conférences et même de sectes actives... 


art renaissance  René Adolphe Schwaller de Lubicz
On ne saurait douter de la sincérité purement chevaleresque d'un héros de ces dérives exotiques, René Adolphe Schwaller de Lubicz. Son approche, qu'il a partagé avec toute la fine fleur de l'ésotérisme de son temps (réunis dans les mêmes librairies et les mêmes cafés de Paris), était pleine d'intuition et même de réalisme. Pour avoir souffert deux fois plutôt qu'une d'une réelle incompréhension, il est juste de restituer la vérité à son propos. J'ai prié mon ami Christophe de Cène, très au fait de l'Histoire de l'ésotérisme, de nous donner les éléments biographiques et bibliographiques de cette affaire.

• Chronologie des parutions :
- 1930 – Fulcanelli, « Les Demeures Philosophales », chez Jean Schemit. Cette première édition ne comporte pas le chapitre évoquant l’érosion du sphinx, lequel était destiné à Finis Gloriae Mundi, jamais paru.
- 1957 - Schwaller de Lubicz, « Le Temple de l'Homme », éditions Caractère.
- 1960 – Fulcanelli, « Les Demeures Philosophales », deuxième édition chez Omnium. Les planches de Julien Champagne, mort en 1932, illustrent le chapitre ajouté. Première allusion écrite à l'érosion du sphinx.
- 1961 - Schwaller de Lubicz, « Le roi de la théocratie pharaonique », chez Flammarion. Première allusion à l'érosion du sphinx par Schwaller. Il meurt la même année.

• Fulcanelli évoque le premier les traces d'érosion du Sphinx, dans un travail rédigé avant 1930 : « Les demeures philosophales ». Il décrit « les traces évidentes de corrosion par les eaux qu’on remarque sur le sphinx de Gyseh ». Dans le même ultime chapitre des Demeures, Fulcanelli évoque ensuite l’Atlantide, mais à aucun moment il ne lie son destin à celui de l’Egypte. Ses propos sont mesurés, et hautement recevables : « Cette île mystérieuse dont Platon nous a laissé l’énigmatique description, a-t-elle existé ? Question difficile à résoudre… », et plus loin : « Des sondages, opérés dans l’océan atlantique, ont permis de remonter à la surface des fragments de lave dont la structure prouve irréfutablement qu’elle a cristallisé à l’air » (Fulcanelli souligne "cristallisé à l’air" en italiques). Il s’intéresse ensuite à la vision de Platon dans sa dimension philosophique. Son domaine est l'Alchimie, pas l'Archéologie.

• Schwaller de Lubicz reprend cette réflexion dans son ultime ouvrage, « Le roi de la théocratie pharaonique ».

• L'identité de Fulcanelli n'est pas établie.



art renaissance  Mon propre point de vue à ce sujet
Manifestement, tous les gens concernés par les mystères de l'Égypte gagneraient à respecter la vérité des faits, que ce soit celle des publications et de leur contenu, que ce soit celle des arguments de la Science, et nous assistons à un authentique dialogue de sourds entre deux courants opposés.

D'un coté, l'antériorité du Sphinx (aux pyramides) ne serait pas recevable parce que les "options" de Schwaller de Lubicz sont "scabreuses". Cet argument est par deux fois condamnable. 1 - Ce sont des Géologues qui tranchent cette question. 2 - Lubicz ne parle que très tard de la datation du Sphinx, et quand bien même il aurait outrepassé la mesure que lui permettrait une preuve, un fait avéré, cela ne remet aucunement en cause le fait en question. Le procès d'intention est une des formules les plus nocives pour l'Humanité. C'est en outre le procédé des inquisiteurs, des faiseurs de pogroms, des staliniens de la pire époque et des manipulateurs en tout genre. La Science réclame un meilleur comportement.

De l'autre, l'on voit fleurir partout des "théories" sur les Atlantes, voir les Extra-terrestres. Un Savoir ésotérique mystérieux et secret aurait choisi quelques élus pour se révéler, et se protéger de l'ignorance congénitale du Monde. Cette attitude ne vaut guère mieux que la précédente en termes de Science. Ces propositions se montrent précaires quant au respect des sources, notamment celle de Fulcanelli (très mesuré dans ces assertions).

art renaissance  Paris, Paris...
La dérive exponentielle de ces courants "mystiques" fait grand tort à la recherche. Elle prend naissance dans le Paris de la première moitié du XXème Siècle, sans doute à la faveur de certaines habitudes. Elles s'installent alors que Paris est un grand village international qui entend rester le centre du monde au nom du prestige de la Langue Française. Tout le monde s'abreuve des mêmes ouvrages d'ésotérisme à la librairie "du merveilleux", tenue par Pierre Dujol, de la même bière à la "Closerie des Lilas" et des mêmes spectacles au cabaret du "Chat Noir". S'il y a des nuances, des oppositions, voire quelques esclandres, il faut reconnaître que chacun sait ce que fait, ce que dit sinon ce que pense l'autre, et que l'ensemble de la communauté parisienne partage une passion pour le mystère teinté d'ésotérisme.

Le problème de cette époque est qu'elle cultive une approche où le Savoir passe par la transmission littérale beaucoup plus que par l'étude au sens que lui donne la Science. L'écrit et la mémoire qu'il porte et qu'il engendre plus que l'étude. Cette forme d'initiation prive bien des yeux de l'ouverture qu'il leur serait nécessaire à identifier les structures dont elle parle. La grande Tradition conserve beaucoup d'éléments sans qu'ils s'inscrivent jamais dans le tout cohérent des Systèmes qui les portent. Sans ces Systèmes, Numérique et Géométrique, on ne procède jamais qu'à des calculs (souvent compliqués).

Un exemple concret vaut toutes les conférences : pour tout ésotériste, les Tarots de Marseille sont une Encyclopédie des Symboles, et le Paris du début de Siècle en est imprégné. Une carte en particulier est victime d'un authentique contre-sens : l'Amoureux (VI). La Tradition y voit un homme hésitant entre deux femmes, alors que l'Arcane parle en réalité du contrat de mariage que signent le futur marié et sa future belle-mère ! Seule la structure géométrique complète des Tarots permet d'établir la scène avec précision (c'est un des résultats concrets de la Géométrie Comparée).


art renaissance  Les sources et les bases
Un déficit inévitable se produit quand la Connaissance ignore ses propres Structures, et ce vide cherche naturellement à se combler, pour éviter un constat qui n'est pas même envisageable à cette époque du Paris d'entre deux guerres : le constat d'une question essentielle sans aucune réponse. L'origine de la grande Tradition remonte, en effet, à l'Égypte, mais l'on ne comprend pas "comment" cette Égypte s'est construite, ni à partir de quels arguments : avec quels outils mathématiques. Alors, on comble ce vide avec une hypothèse parfaitement infantile : une civilisation aurait précédé celle de l'Égypte et lui aurait tout appris ! En outre, cette option dispense ses pratiquants de toute explication fondamentale sur les questions de structures. Fort heureusement, l'ensemble de la communauté scientifique se met à l'abri de cette thèse, à commencer par les Archéologues...

art renaissance  Pour conclure, l'option fumeuse d'une origine extra-historique de cette formidable Culture du Sacré (qui s'achèvera à Prague par l'avènement de la Science), méprise sans vergogne cinq millénaires d'effort, de talent et de révélation, et la communauté des Hommes associés à cette tâche.


4 •    L'ordre des choses


art renaissance   Nous disposons d'une série de faits concordants qui jalonnent la construction de la Civilisation Égyptienne par étapes. Les pyramides peuvent être vues comme une sorte d'apogée, d'achèvement d'un Savoir qui développe progressivement sa Géométrie Sacrée. La part des échanges entre les différentes ethnies, comme les contacts inévitables avec la Civilisation Mégalithique Atlantique ne doivent pas être négligés. Selon quoi, le Sphinx pourra un jour trouver sa vraie place sur le fil parfois sinueux du Nil et de son Histoire.

art renaissance   Les faits rassemblés prouvent, s'il en était besoin, que les pyramides ne procèdent pas d'une génération spontanée : la Culture Égyptienne prend son impulsion bien avant, dans un mélange ethnique que le désert n'a pas encore séparé.


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