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1 • Méthodologie
2 • Les faits
• Liste de Scientifiques ayant étudié le Sphinx et la pyramide de Khéops
• Liste des faits majeurs, scientifiquement attestés, à propos du Sphinx
3 • Les égarements exotiques
On ne saurait douter de la sincérité purement chevaleresque d'un héros de ces dérives exotiques, René Adolphe Schwaller de Lubicz. Son approche, qu'il a partagé avec toute la fine fleur de l'ésotérisme de son temps (réunis dans les mêmes librairies et les mêmes cafés de Paris), était pleine d'intuition et même de réalisme. Pour avoir souffert deux fois plutôt qu'une d'une réelle incompréhension, il est juste de restituer la vérité à son propos. J'ai prié mon ami Christophe de Cène, très au fait de l'Histoire de l'ésotérisme, de nous donner les éléments biographiques et bibliographiques de cette affaire. • Chronologie des parutions : - 1930 – Fulcanelli, « Les Demeures Philosophales », chez Jean Schemit. Cette première édition ne comporte pas le chapitre évoquant l’érosion du sphinx, lequel était destiné à Finis Gloriae Mundi, jamais paru. - 1957 - Schwaller de Lubicz, « Le Temple de l'Homme », éditions Caractère. - 1960 – Fulcanelli, « Les Demeures Philosophales », deuxième édition chez Omnium. Les planches de Julien Champagne, mort en 1932, illustrent le chapitre ajouté. Première allusion écrite à l'érosion du sphinx. - 1961 - Schwaller de Lubicz, « Le roi de la théocratie pharaonique », chez Flammarion. Première allusion à l'érosion du sphinx par Schwaller. Il meurt la même année. • Fulcanelli évoque le premier les traces d'érosion du Sphinx, dans un travail rédigé avant 1930 : « Les demeures philosophales ». Il décrit « les traces évidentes de corrosion par les eaux qu’on remarque sur le sphinx de Gyseh ». Dans le même ultime chapitre des Demeures, Fulcanelli évoque ensuite l’Atlantide, mais à aucun moment il ne lie son destin à celui de l’Egypte. Ses propos sont mesurés, et hautement recevables : « Cette île mystérieuse dont Platon nous a laissé l’énigmatique description, a-t-elle existé ? Question difficile à résoudre… », et plus loin : « Des sondages, opérés dans l’océan atlantique, ont permis de remonter à la surface des fragments de lave dont la structure prouve irréfutablement qu’elle a cristallisé à l’air » (Fulcanelli souligne "cristallisé à l’air" en italiques). Il s’intéresse ensuite à la vision de Platon dans sa dimension philosophique. Son domaine est l'Alchimie, pas l'Archéologie. • Schwaller de Lubicz reprend cette réflexion dans son ultime ouvrage, « Le roi de la théocratie pharaonique ». • L'identité de Fulcanelli n'est pas établie. Manifestement, tous les gens concernés par les mystères de l'Égypte gagneraient à respecter la vérité des faits, que ce soit celle des publications et de leur contenu, que ce soit celle des arguments de la Science, et nous assistons à un authentique dialogue de sourds entre deux courants opposés. D'un coté, l'antériorité du Sphinx (aux pyramides) ne serait pas recevable parce que les "options" de Schwaller de Lubicz sont "scabreuses". Cet argument est par deux fois condamnable. 1 - Ce sont des Géologues qui tranchent cette question. 2 - Lubicz ne parle que très tard de la datation du Sphinx, et quand bien même il aurait outrepassé la mesure que lui permettrait une preuve, un fait avéré, cela ne remet aucunement en cause le fait en question. Le procès d'intention est une des formules les plus nocives pour l'Humanité. C'est en outre le procédé des inquisiteurs, des faiseurs de pogroms, des staliniens de la pire époque et des manipulateurs en tout genre. La Science réclame un meilleur comportement. De l'autre, l'on voit fleurir partout des "théories" sur les Atlantes, voir les Extra-terrestres. Un Savoir ésotérique mystérieux et secret aurait choisi quelques élus pour se révéler, et se protéger de l'ignorance congénitale du Monde. Cette attitude ne vaut guère mieux que la précédente en termes de Science. Ces propositions se montrent précaires quant au respect des sources, notamment celle de Fulcanelli (très mesuré dans ces assertions). La dérive exponentielle de ces courants "mystiques" fait grand tort à la recherche. Elle prend naissance dans le Paris de la première moitié du XXème Siècle, sans doute à la faveur de certaines habitudes. Elles s'installent alors que Paris est un grand village international qui entend rester le centre du monde au nom du prestige de la Langue Française. Tout le monde s'abreuve des mêmes ouvrages d'ésotérisme à la librairie "du merveilleux", tenue par Pierre Dujol, de la même bière à la "Closerie des Lilas" et des mêmes spectacles au cabaret du "Chat Noir". S'il y a des nuances, des oppositions, voire quelques esclandres, il faut reconnaître que chacun sait ce que fait, ce que dit sinon ce que pense l'autre, et que l'ensemble de la communauté parisienne partage une passion pour le mystère teinté d'ésotérisme. Le problème de cette époque est qu'elle cultive une approche où le Savoir passe par la transmission littérale beaucoup plus que par l'étude au sens que lui donne la Science. L'écrit et la mémoire qu'il porte et qu'il engendre plus que l'étude. Cette forme d'initiation prive bien des yeux de l'ouverture qu'il leur serait nécessaire à identifier les structures dont elle parle. La grande Tradition conserve beaucoup d'éléments sans qu'ils s'inscrivent jamais dans le tout cohérent des Systèmes qui les portent. Sans ces Systèmes, Numérique et Géométrique, on ne procède jamais qu'à des calculs (souvent compliqués). Un exemple concret vaut toutes les conférences : pour tout ésotériste, les Tarots de Marseille sont une Encyclopédie des Symboles, et le Paris du début de Siècle en est imprégné. Une carte en particulier est victime d'un authentique contre-sens : l'Amoureux (VI). La Tradition y voit un homme hésitant entre deux femmes, alors que l'Arcane parle en réalité du contrat de mariage que signent le futur marié et sa future belle-mère ! Seule la structure géométrique complète des Tarots permet d'établir la scène avec précision (c'est un des résultats concrets de la Géométrie Comparée). Un déficit inévitable se produit quand la Connaissance ignore ses propres Structures, et ce vide cherche naturellement à se combler, pour éviter un constat qui n'est pas même envisageable à cette époque du Paris d'entre deux guerres : le constat d'une question essentielle sans aucune réponse. L'origine de la grande Tradition remonte, en effet, à l'Égypte, mais l'on ne comprend pas "comment" cette Égypte s'est construite, ni à partir de quels arguments : avec quels outils mathématiques. Alors, on comble ce vide avec une hypothèse parfaitement infantile : une civilisation aurait précédé celle de l'Égypte et lui aurait tout appris ! En outre, cette option dispense ses pratiquants de toute explication fondamentale sur les questions de structures. Fort heureusement, l'ensemble de la communauté scientifique se met à l'abri de cette thèse, à commencer par les Archéologues... 4 • L'ordre des choses
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