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Le Sphinx de Gizeh

TÉMOIN DE L'ÉGYPTE

Méthodologie

Le colosse d'Égypte (72m de long sur 20m de haut) monte la garde au pied des pyramides. Pour autant, sa datation est l'objet de controverses passionnées. Fut-il construit avec les monuments qui le surplombent, ou les a-t-il précédés ?

Il nous faut séparer les faits avérés de toutes les opinions. Les preuves et les thèses ne doivent pas mélanger leurs propos dans un seul et même élan, car en effet, si une thèse doit comprendre tous les faits établis pour être recevable, les faits ne supportent pas forcément n'importe quelle thèse. En particulier celles qui prolongent des faits par des arguments de l'ordre du fantastique. La Nature a horreur du vide, mais pas la Science.

La galice mégalithique

Des scientifiques patentés ont étudié le Sphinx de Gizeh. Leurs conclusions ne s'accordent pas avec les thèses « officielles » qui situent sa construction à l'époque des pyramides. En revanche, certains auteurs, tel Schwaller de Lubicz (1887-1961) et son livre de référence « Le Temple de l'Homme », confondent en une seule idée ce qu'il y a lieu de séparer en deux aspects distincts. Les faits d'une part, et la résolution des problèmes qu'ils nous posent d'autre part. Par leur volonté d'opposer la Magie à la Science, beaucoup d'ésotéristes abîment les arguments qu'ils avaient pourtant initiés. En réaction les thèses dites officielles, même bancales, gardent leur crédit au-près de la communauté archéologique. Cette situation pitoyable doit servir de leçon à toute autre approche de l'Histoire.

Scientifiques ayant étudié le Sphinx

Khéops 1986 - Équipe française d'architectes, financée par EDF et la CPGF
- Gilles Dormion, architecte, (il reviendra en 2000 avec Jean-Yves Verd'hurt)
- Jean-Patrice Goidin, architecte

Khéops - Sphinx 1987 - Équipe japonaise dirigée par le Pr Sakuji Yoshimura

Sphinx 1990 - Équipe de quatre scientifiques
- Thomas L. Dobecki, géophysicien (indépendant)
- Robert Schoch, géologue, de l'Université de Boston

Sphinx - À l'invitation de John West
- Lieutenant Franck Domingo, police de New-York
Spécialiste en médecine légale et anthropologie

Constats scientifiques

Robert Schoch, géologue

L'érosion du Sphinx est causé par des pluies diluviennes qui remontent à la fin des glaciations. Rapport de Robert Schoch - Octobre 1992
(Convention annuelle de la Geological Society of America)

« L’érosion du Sphinx, comparée à celle des tombes de l’Ancien Empire, qui se trouvent à 200 mètres, signifie qu’il a des milliers d’années de plus que les tombes et donc que les pyramides . Les traces d’érosion sont dues à la pluie et non au vent ... Les lignes verticales montrent l'érosion due à l'eau de pluie s'écoulant sur le dos du Sphinx ».


Précision :
Aucune grande pluie ne s'est produite dans cette région depuis la construction des pyramides. Il faut remonter au réchauffement du climat qui provoqua le Néolithique. Les climatologues situent la dernière période de grandes précipitations au Sahara entre -12 000 et -3 400 av. J-C.


Conclusions du Lt Frank Domingo

L'angle du visage du Sphinx ne correspond pas aux autres représentations de Képhren. L'écrivain John West a appelé à contribution le lieutenant Frank Domingo. Membre de la police de New York, c'est un spécialiste de la reconstruction des visages mutilés ou incomplets.

Le visage du Sphinx ne peut pas être la représentation de celui de Képhren si l'on prend en compte la maîtrise des architectes et artistes égyptiens de cette époque (à fortiori sur d'autres représentations du même Pharaon). Les sculpteurs savaient rendre la réalité (y compris la dissymétrie des visages) avec une précision qui ne rend pas concevable les écarts du visage du Sphinx avec d'autres modèles de Képhren.

Les proportions des divers éléments de la face, et surtout l'angle depuis la pointe du menton jusqu'au coin des yeux (32° au lieu de 14° par rapport à la verticale) montrent de trop grandes disparités avec ces autres représentations.

Ethnies

Le type physique de ce visage est negro-africain, ce qui ne surprend pas les chercheurs qui établissent les nombreuses similitudes entre les cultures de l'Égypte Antique et les Cultures Africaines Tribales, anciennes et contemporaines. Sémantiques, artistiques, ethnologiques et ethniques.

Voir à ce propos
L'origine noire de la civilisation égypto-nubienne



Les chambres souterraines du Sphinx

Les différentes mesures, effectuées avec la technologie la plus sophistiqués, par différentes équipes scientifiques (notamment celles de Gilles Dormion et Sakuji Yoshimura) indiquent la présence de structures construites sous l'édifice du Sphinx. Pour l'instant, ces alertes scientifiques n'ont déclenché aucune fouille.
Précision :
Ces éléments seraient précieux pour comprendre le rôle et la situation du Sphinx dans l'Égypte Antique. Cependant il est prématuré de relier ces structures, si elles se révèlent, à la construction du Sphinx lui-même.

Les égarements exotiques

Les thèses sur l'Égypte antique ne se comptent plus, cependant la fascination qu'elle inspire peut égarer les esprits les plus brillants. On ne saurait résoudre un mystère en le remplaçant par un autre, et le bénéfice du doute intervient trop souvent tel un argument vendeur.

René Adolphe Schwaller de Lubicz

René Adolphe Schwaller de Lubicz. Cet occultiste est représentatif d'un courant de pensée qui se développe au début du XXe siècle. La fine fleur de l'ésotérisme se réunit dans les mêmes librairies et les mêmes cafés de Paris. Christophe de Cène, très au fait de l'Histoire de l'ésotérisme, nous donne les éléments biographiques et bibliographiques de cette affaire.

Chronologie des parutions :
   • 1930 — Fulcanelli, « Les Demeures Philosophales », chez Jean Schemit. Cette première édition ne comporte pas le chapitre évoquant l’érosion du sphinx, lequel était destiné à Finis Gloriae Mundi, jamais paru.
   • 1957 — Schwaller de Lubicz, « Le Temple de l'Homme », éditions Caractère.
   • 1960 — Fulcanelli, « Les Demeures Philosophales », deuxième édition chez Omnium. Les planches de Julien Champagne, mort en 1932, illustrent le chapitre ajouté. Première allusion écrite à l'érosion du sphinx.
   • 1961 — Schwaller de Lubicz, « Le roi de la théocratie pharaonique », chez Flammarion. Première allusion à l'érosion du sphinx par Schwaller. Il meurt la même année.

• 1 — Fulcanelli évoque le premier les traces d'érosion du Sphinx, dans un travail rédigé avant 1930 : « Les demeures philosophales ». Il décrit « les traces évidentes de corrosion par les eaux qu’on remarque sur le sphinx de Gyseh ». Dans le même ultime chapitre des Demeures, Fulcanelli évoque ensuite l’Atlantide, mais à aucun moment il ne lie son destin à celui de l’Egypte. Ses propos sont mesurés, et hautement recevables : « Cette île mystérieuse dont Platon nous a laissé l’énigmatique description, a-t-elle existé ? Question difficile à résoudre… », et plus loin : « Des sondages, opérés dans l’océan atlantique, ont permis de remonter à la surface des fragments de lave dont la structure prouve irréfutablement qu’elle a cristallisé à l’air » (Fulcanelli souligne "cristallisé à l’air" en italiques). Il s’intéresse ensuite à la vision de Platon dans sa dimension philosophique. Son domaine est l'Alchimie, pas l'Archéologie.

• 2 — Schwaller de Lubicz reprend cette réflexion dans son ultime ouvrage, « Le roi de la théocratie pharaonique ».

• 3 — L'identité de Fulcanelli est désormais établie. Albert de Lapparent, né à Bourges le 30 décembre 1839 et mort à Paris le 4 mai 1908. Ce géologue français fut membre de l'Académie des sciences.

Atlantes et extra-terrestres

Il faut séparer les faits établis, et les thèses qui les prennent pour appui. Le sphinx a précédé les pyramides de plusieurs millénaires. Platon fait référence à une civilisation perdue, et l'archéologie sous-marine trouve aujourd'hui les traces de civilisations antédiluviennes que les océans ont recouvertes à l'aube du néolithique (au réchauffement climatique). Les constructions de Gizeh, les Pyramides comme le Sphinx, nous cachent encore des chambres secrêtes. Tout cela est vrai.

Pour autant, les hypothèses n'ont pas toutes le même statut. Il ne suffit pas de relier l'Égypte à Platon pour "résoudre" la question qu'elle nous pose. Toutes les thèses de type ésotérique ont ce point commun : elles ne précisent aucun élément du savoir dont elles parlent. Cette attitude est scientifiquement irrecevable, et le comble de ces dérives revient à opposer la magie à la science. Des civilisations perdues auraient développé un savoir tellement supérieur au nôtre que l'on y comprendrait rien. L'argument est bien pauvre.

On doit s'étonner que la fréquentation de civilisations supérieures n'aient laissé aucune trace tangible. En matière de technologie, le cuivre égyptien est si mou qu'il faut mettre du sable dans le sillon de la règle pour couper le granit. La poulie est absente et les cordes frottent à même la pierre. Au niveau théorique, les papyrus nous offrent des exercices de scribes tout à fait compatibles avec l'époque. Les exemples de métaux rares proviennent de météorites, ils ne sont pas tombés d'une soucoupe volante.

La grandeur de l'Égypte

L'égyptologue Salima Ikram expérimente les procédés de momification. Elle restitue un des savoirs les plus évolués de la grande Égypte. À aucun moment la chercheuse ne recourt au mystère pour pouvoir publier.

L'Égypte est à l'origine le refuge de plusieurs courants migratoires, les uns poussés par le climat (désert de l'est) les autres par l'expansion (courant mésopotamien). La diversité ethnique est logiquement dominée par l'Afrique noire. Pour autant, il ne faut pas perdre de vue l'originalité de l'Égypte. Les populations qui se sont regrouppées autour du Nil ont avant tout choisi d'être égyptiens. C'est cette affirmation qui leur a permis de produire une civilisation aussi brillante.

L'Égypte

L'Égypte est une terre de synthèse, ethnique et culturelle. On peut supposer que le courant Mégalithique y a croisé celui de la Mésopotamie. Sans oublier le courant venu de l'actuel Sahara — voir « Les mystères de la momie noire de Uan Muhugiag ».

Ces trois composantes ne sont pas forcément les seules. Des cultures entières se sont fait avaler par la mer Méditerranée au début du Néolithique. L'Égypte, à l'image des grandes cités comme Byzance ou Alexandrie, est un carrefour. Son talent est d'avoir uni ses influences, y compris ses extrêmes, pour se créer une identité.

Et le sphinx

La multiplicité des influences de L'Égypte, depuis l'origine, rend celle du sphinx délicate. L'on sait que la tête fut retaillée pour accorder le momument au dogme pharaonique. Ce chef manque paradoxalement au grand gardien du Nil, pour déterminer sa véritable identité.

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